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Peppino Impastato et Aldo Moro, un pas de plus

Alors qu'en 1978, les Brigades rouges avaient assassiné Aldo Moro, la mafia tue Peppino Impastato. Depuis ces événements, de nombreux détails et inconfortables vérités ont émergées

«Il y avait une convergence entre les objectifs de la P2 et ceux des Brigades rouges.»

«Je veux écrire que la mafia c’est une montagne de merde. Nous devons nous rebeller! Avant qu’il soit trop tard! Avant qu’on s’habitue à leurs visages! Avant qu’on ne se rende plus compte de rien!» Peppino Impastato

C'est ce que Gero Grassi, le promoteur adjoint de la commission d'enquête parlementaire, a déclaré dans le but de rétablir la vérité historique sur les 55 jours dramatiques qui ont culminé le 9 mai 1978 avec l'assassinat d'Aldo Moro.

À l'époque de ce crime, la vérité n'a pas été dite. Une autre vérité a été forgée qui n'a pas déplu au gouvernement de l'époque et aux BR elles-mêmes.

Le 9 mai, le coffre de la Renault 4 rouge, dans lequel se trouve le corps sans vie d'Aldo Moro, est ouvert à Rome sous les yeux des caméras du monde entier.

Aux mêmes heures, le corps de Peppino Impastato se trouvait à Cinisi, une ville de Palerme, réduit en lambeaux par la TNT et abandonné sur les voies ferrées. Le faux suicide a été mis en scène.

Et donc, comme pour l'affaire Moro, la vérité n'avait pas été dite non plus dans l'affaire Impastato.

Si l'enquête sur le meurtre Moro conduit à la convergence entre la P2 et les Brigades Rouges, l'enquête sur la fausse piste du meurtre de Peppino Impastato conduit à Gladio, c'est-à-dire à cette organisation paramilitaire secrète que Moro a révélée aux BR pendant son emprisonnement, sans que les BR communiquent cette informationx au medias. Les BR, en fait, n'ont jamais respecté l'accors selon lequel malgré l'enlèvement certains secrets d'État devaient être révélés.

P2 et Gladio étaient l'axe d'un pouvoir politico-militaire secret qui gouvernait et décidait sans être élu et qui faisait ses victimes quand il se sentait menacé.

L'intimidation de Moro par Kissinger est désormais un fait historique acquis. Moro savait que l'opération de dialogue avec les communistes mettait sa vie en danger. Kissinger ne savait probablement pas que les communistes étaient pour la plupart doux, comme Napolitano, mais le récit et l'image que les communistes italiens avaient générés au fil du temps ont survécu à la substance de leur groupe dirigeant.

Une situation différente pour Peppino Impastato, véritable héritier d'une saison d'enthousiasme, d'espoir et d'engagement pour le changement, mais aussi d'utopie. Sa figure est bien connue dans le film "I cento passi".

Le péril à cette époque était Peppino, les nombreux Peppino. Des jeunes qui avaient encore dans les yeux la vision d'un changement courageux. Des jeunes qui – contrairement aux BR – étaient complètement "hors de contrôle". Des jeunes nourris d'un réel espoir et donc à faire passer comme des “visionnaires” et des "fous".

Ce qui a été raconté aux médias il y a quarante-deux ans "devait être l'histoire d'un fou, un parmi tant d'autres, un terroriste qui a explosé alors qu'il tentait de faire sauter le chemin de fer", a écrit Giuseppe Pipitone dans le Fatto Quotidiano. Il ajoute: «Mais l'histoire de Peppino Impastato est avant tout l'histoire d'une mauvaise orientation. Une affaire étouffée parce que liée à une cohabitation obstinée et inconfessable, toujours la même: des mafiosi protégés par des morceaux d'État».

Peppino Impastato, comme nous le dit son frère Giovanni, enquêtait sur une piste qui aurait mené à Gladio. Il avait préparé un dossier sur la mort de deux carabiniers qui, lors d'un barrage routier, avaient arrêté une camionnette transportant des armes destinées à une base de Gladio toute proche. «Ce dossier a été saisi et n'a jamais été restitué», déclare son frère Giovanni Impastato.

Gladio a été rendu public en 1990, après la chute du mur de Berlin, mais à l'époque d'Aldo Moro et de Peppino Impastato, il était secret. Aldo Moro, qui a révélé Gladio aux BR, a été tué. La même chose est arrivée à Peppino Impastato, qui cherchait cette vérité.

Ce que Peppino faisait contre la mafia était déjà suffisant pour l'éliminer. Mais son intelligence, son flair, son désir de contre-information, se retrouvent partout. 

Peppino Impastato a suivi les traces d'un autre jeune homme, Giovanni Spampinato, qui a été assassiné par la mafia alors qu'il enquêtait lui aussi sur une piste qui allait mener à Gladio.  

Après quarante ans, nous pouvons dire quelque chose de raisonnablement sensé.

Peppino était allé trop loin pour la mafia. Et il a été tué.

Peppino était allé trop loin pour les pouvoirs secrets. Et il a été calomnié.

Aujourd'hui, le devoir de mémoire ne peut qu'unir Peppino Impastato et Aldo Moro, deux personnes qui – d'une manière complètement différente – avaient fait un "pas de plus". Un pas de plus fatal.

Les actes de contre-information et la recherche de verité de Peppino font partie des idées qui changent le monde. Cela fait partie de ce en quoi PeaceLink croit fermement.

Notes: Le programme d’initiatives à la mémoire de Peppino Impastato http://www.casamemoria.it/
Tradotto da Valeria Covella per PeaceLink. Il testo è liberamente utilizzabile a scopi non commerciali citando la fonte (PeaceLink) e l'autore della traduzione.
Original dans Italienne:Peppino 40 anni dopo

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